DeepSeek, tout le monde en parle. Alors, voici ce qu’il faut savoir.

Un nouveau joueur sur la scène de l’IA

par David Pieropan

L’investisseur techno Marc Andreessen a qualifié l’arrivée de DeepSeek comme d’un “moment Spoutnik”. Pourquoi ? Parce que DeepSeek n’est pas juste un autre modèle comme GPT o1 ou Claude 3.5. Il propose un changement radical dans la façon d’entraîner un modèle.

Pour ceux qui ne sont pas familiers, le “moment Spoutnik” fait référence à 1957, quand l’Union soviétique a lancé Spoutnik, le premier satellite artificiel. Ce lancement a forcé les États-Unis à repenser leurs priorités technologiques et a déclenché une course à l’innovation.

Donc DeepSeek, un modèle chinois open source, reproduit ce même effet dans le monde de l’IA.

DeepSeek R1 rivalise avec les meilleurs modèles d’OpenAI et de Google, mais voici ce qui surprend : il coûte 90 à 95 % moins cher. Oui, c’est dans le très abordable, on parle de 6M$ USD.

Dans une industrie où on pensait que seuls les géants avec des budgets de milliards de dollars pouvaient être compétitifs, c’est un choc. Ça veut dire qu’en théorie, même une entreprise québécoise avec un accès limité à des GPU pourrait développer un modèle de langage puissant.

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Pourquoi et comment cette équipe chinoise a-t-elle réussi ? 

Parce que c’est dans la contrainte qu’on innove.

Depuis quelques années, les restrictions américaines limitent les exportations de puces Nvidia vers la Chine. Ces puces sont essentielles pour entraîner des modèles d’IA performants. Plutôt que de se laisser freiner, l’équipe de DeepSeek a trouvé des moyens ingénieux pour contourner ces contraintes.

Avec seulement 2000 puces Nvidia (et pas les plus récentes), contre 16 000 ou plus pour des géants comme OpenAI, ils ont entraîné leur modèle. Contrairement à d’autres qui s’appuient sur d’énormes bases de données, DeepSeek R1 a misé sur l’apprentissage par renforcement. En gros, le modèle apprend par essais et erreurs, comme un enfant qui teste des solutions jusqu’à trouver la bonne. Et c’est là que survient son fameux “aha moment”.

Pendant son entraînement, le modèle a découvert par lui-même une nouvelle façon de raisonner. Il a compris tout seul comment vérifier et ajuster ses erreurs, ce qui a permis d’améliorer drastiquement sa précision, notamment en mathématiques. Bref… moment Spoutnik.

Je l’ai essayé et j’ai personnellement adoré son raisonnement et sa chaîne de pensée. C’est un modèle absolument brillant et solide.

Mais aussi : DeepSeek R1 est open source et… gratuit.

Vous pouvez vous-même le télécharger, l’installer sur un simple ordi ou l’utiliser dans sa version massive de 671 milliards de paramètres pour des projets plus ambitieux. Pour les entreprises, c’est une occasion de travailler avec une technologie de pointe, en mode privé, pour un budget ridicule. Perplexity Ai l’offre déjà dans son outil.

Installer o1 de OpenAI ? C’est impossible. Utiliser les derniers modèles d’OpenAI, c’est 200$ / mois. En contrepartie, les bidouilleurs peuvent installer gratuitement DeepSeek R1 en moins d’une heure, sans programmation

Bien sûr, cette accessibilité soulève des questions. Est-ce que cette stratégie open source donne un avantage stratégique à la Chine ? Les gouvernements qui s’inquiétaient déjà de l’influence de TikTok ont probablement des raisons de réfléchir. 

DeepSeek pourrait redéfinir les règles du jeu, pas seulement en IA, mais dans la façon dont les technologies émergentes influencent les marchés mondiaux. Déjà, juste hier, l’action de Nvidia a chuté de 18 %.

Mais pour nous, ça montre surtout que les règles changent. 

DeepSeek prouve qu’on n’a pas besoin de milliards pour innover. Le terrain devient plus ouvert que jamais. Et pour les entreprises et professionnels, c’est une invitation à repenser nos stratégies. Avec une IA accessible, performante et presque gratuite, les opportunités sont immenses.

Pour tester DeepSeek, c’est ici : https://www.deepseek.com/

Auteur : David Pieropan