Vous pensiez avoir tout vu avec les clones vocaux, les deepfakes et films 100% IA.
Qu’à cela ne tienne, bientôt vous aurez une IA comme collègue ou assistante, qui répondra à vos courriels et planifiera vos rendez-vous. Littéralement.
Mieux encore : Vous payez probablement des centaines ou des milliers, voire dizaines de milliers de dollars en logiciels par année. D’ici 5 ans, vous serez capable de reproduire n’importe quel logiciel pour vous-même pour une fraction du prix, grâce aux agents IA.
Donc, l’année 2025 serait celle de l’émergence des agents IA
Les grands de l’IA comme Anthropic, OpenAI, Nvidia ou Salesforce le disent en force : 2025, c’est l’année où les agents IA deviendront une réalité.
Jensen Huang, le PDG de Nvidia, l’a même annoncé officiellement : “This year we’re going to see it take off.” Sam Altman de OpenAI surenchérit, arguant qu’on verra “les premiers agents IA rejoindre la workforce” dès 2025.

Donc, c’est quoi un agent IA?
Contrairement à un chatbot à qui vous posez une question (genre ChatGPT) et qui vous répond, un agent IA va agir par lui-même. Il peut notamment :
- naviguer sur le web;
- remplir des formulaires;
- cliquer, taper du texte, scroller;
- développer du code;
- lancer des campagnes marketing;
- planifier des tâches complexes;
- etc.
Bref, non seulement il comprend des consignes, mais il prend des initiatives dans un environnement numérique.
En octobre, Anthropic avait déjà montré un avant-goût: Claude AI arrivait à contrôler un PC… cliquer, scroller, taper, bref, comme un humain. Les résultats étaient vraiment loin d’être parfaits, mais on y voyait déjà les prémices d’une automatisation. Claude était alors capable de voir un écran, de manipuler l’interface, etc.
Pourquoi ça nous concerne, nous, gens de comm et créateurs de contenu ?
La promesse des agents IA est tentante : déléguer à un collègue virtuel les choses répétitives pour mieux se concentrer sur l’essentiel : le storytelling, la stratégie, la création.
Imaginez :
- Votre agent IA travaille sur l’angle éditorial, fouille les trends, sort un script ou un plan de tournage.
- Votre agent épluche les données, fait des analyses, identifie les lacunes dans vos contenus existants.
- Il envoie les e-mails, booke les réunions Zoom, s’occupe de la collecte de rushs vidéo.
- L’agent programme la diffusion sur YouTube, Facebook, LinkedIn, compile les stats de performance et vous fait un rapport chiffré.
On n’est pas juste face à une énième version de ChatGPT. Les agents IA, c’est le fameux “next step” de l’IA. Les agents n’attendent plus un prompt pour exécuter une opération. Ils intègrent plusieurs outils (navigateur web, CRM, SaaS divers, plateformes sociales, etc) et gèrent des tâches multi-étapes.
Par exemple, vous pourriez lui déléguer la tâche de trouver un conférencier pour un webinaire, négocier ses dispos, envoyer un contrat, réserver la salle virtuelle et partager l’agenda aux participants.
Mais bon, en 2025, ça sera probablement encore des usages un peu simples, avec une exécution un peu maladroite. Les exemples sont un peu lame d’ailleurs, du genre booker un avion ou commander du Uber. Mais plus ils vont apprendre, plus ils prendront en main des processus du début à la fin.
Openai : Operator et Deep Research
OpenAI n’allait quand même pas se laisser dépasser par la compétition. Ils ont annoncé récemment lancer deux outils qui marquent le début de l’ère des agents : Operator et Deep Research (d’ailleurs, un équivalent de ce dernier était déjà dispo chez Gemini de Google).
En résumé, Operator est un peu comme l’agent Claude AI d’Anthropic. Il peut, admettons, remplir des formulaires, faire des achats en ligne, voire générer des memes (oui, c’est dans la démo).
Enfin, Deep Research lui, est comme un.e recherchiste documentaire. C’est un moteur intelligent qui fouille des bases de données ou le web en mode autonome. Tu lui donnes une mission de recherche et il prend jusqu’à 30 minutes pour te monter un dossier.
Replit, Cursor, Github & compagnie : fini le code
Pour ma part, je trouve que les agents IA les plus fascinants sont ceux qui codent à ta place. Déjà, les agents de Replit, Cursor ou Github Copilot peuvent coder automatiquement avec un prompt. Je l’ai même fait avec GPT o3-mini-high, qui m’a codé un microsite applicatif simple en 30 minutes (et une vingtaine d’aller-retour).
Aujourd’hui, ces outils aident déjà les développeurs à gagner du temps, mais d’ici un an ou deux, on parle d’agents qui vont réellement coder, tester, déployer des apps sans qu’un humain touche au clavier.

Comment ça va changer la donne en marketing et création ?
#1 – La production de contenu assistée plus plus
- L’agent IA va scanner un blog, repérer les sujets qui marchent, analyser les tendances sur TikTok, et pondre 3 idées d’épisodes de podcast.
- Il va sortir un brouillon d’articles ou de posts LinkedIn, en respectant un ton donné. C’est déjà faisable aujourd’hui, mais en 2025 ce sera encore plus fin, plus cohérent et plus rapide.
- Montage vidéo assisté ? Pourquoi pas. On voit déjà des IA capables de faire des coupes automatiques, ajouter des sous-titres, etc. Un agent IA pourrait synchroniser tout ça dans un système de gestion de projet, taguer vos rushs, créer un mini-teaser, etc.
#2 – L’analyse de performances à la volée
Les marketers perdront moins de temps sur Google Analytics ou Meta Ads Manager : l’agent IA analysera lui-même les données, identifiera des problèmes (coûts pub trop élevés, CTR en chute…) et fera lui-même des ajustements.
#3 – La planification et la diffusion de ses publications tout-en-un
On le fait déjà avec des outils type Hootsuite ou Agorapulse. Mais l’agent IA pourrait aller encore plus loin:
- repérer la meilleure heure de publication;
- vérifier que le visuel est au bon format;
- adapter le copywriting selon le canal (Tiktok, LinkedIn, Instagram…);
- répondre aux premiers commentaires pour initier la conversation.
#4 – La gestion client et la prospection
Un agent IA branché sur un CRM (HubSpot, Salesforce…) pourrait générer des courriels de follow-up personnalisés, booker des meetings, prendre des notes, etc.
Les défis pour 2025 sont immenses.
D’abord, la dimension multimodale est encore limitée. Si un agent IA doit “voir” un PDF, “lire” un tableur Excel, “écouter” un extrait audio, “parler” à un CRM… la coordination est encore compliquée pour lui. C’est pourquoi les géants (Google, OpenAI) travaillent fort sur la multimodalité. On arrivera éventuellement à un point où un agent peut analyser du texte, des images, des vidéos, tout en même temps.
Ensuite, il y a ce qu’on appelle une “surdité contextuelle”. Un agent IA n’a pas toujours accès à l’historique complet d’un projet. Il faut lui donner la bonne base de connaissances, sinon il fera n’importe quoi.
Comment se préparer et se lancer
Votre concurrence, vos compétiteurs ou collègues ne vont pas se gêner pour tester ces agents, rationaliser la production de contenu, scaler l’AB testing, etc. Si vous n’explorez pas un minimum, vous risquez de manquer des innovations et de travailler en mode 2024, pendant que d’autres seront passés à la vitesse supérieure.
Quelques pistes pour se lancer :
- Testez de petits outils : Essayez un agent IA pour des tâches simples (ex. : planifier un tournage, générer un sommaire). Voyez si ça vous aide ou si vous perdez plus de temps à rattraper ses gaffes.
- Gardez l’humain au centre : L’agent propose, vous validez. Pas question de le laisser agir sans supervision, surtout quand il s’agit de décisions stratégiques ou créatives.
- Formez l’équipe : Les juniors comme les seniors doivent comprendre la logique de l’IA, savoir donner des consignes claires, intégrer les retours.
- Préparez des protocoles de sécurité : Qui donne l’accès ? À quels outils ? Comment on contrôle l’usage des données ?
- Enfin, restez au courant (notamment en restant abonné).
Comment commencer?
Étape 1 : un petit audit interne
- Listez les tâches marketing/créatives les plus répétitives et time-consuming.
- Évaluez la faisabilité d’une automatisation via un agent IA.
Étape 2 : choisir un outil test
- Essayez un agent IA grand public : OpenAI Operator, Anthropic Claude, ou des solutions plus ciblées (ex. Cursor pour du code).
- Paramétrez-le pour une tâche précise.
Étape 3 : mettre des garde-fous
- Ne donnez pas accès à toutes vos données d’un coup.
- Faites un suivi des actions, conservez un droit de veto à chaque étape clé (ex. publication d’un post).
Étape 4 : récolter des insights
- Notez où l’IA s’est plantée, ce qu’elle a bien fait.
- Voyez si le gain de temps est réel ou si vous passez plus de temps à corriger.
Étape 5 : itérer… ou abandonner
- Si c’est concluant, étendez l’usage à d’autres processus.
- Si c’est raté, revoyez la configuration ou testez un autre agent.
À quoi s’attendre en 2025… et après ?
Les prochains modèles (Claude 3.5 Sonnet, GPT-5, etc.) vont probablement être capables de monter des séquences vidéo, gérer un funnel marketing A/Z, ou carrément lancer une app en ligne. Pourquoi pas un agent IA qui discute directement avec vos fournisseurs, compare les offres, négocie les prix, signe les contrats.
Dans le futur, vous aurez peut-être même un “assistant IA” en réalité virtuelle qui vous suit lors de vos tournages, vous suggère le meilleur angle caméra, etc.