Créer un film IA en 48 h : le concours Runway Gen:48
Mon expérience du concours Runway Gen:48 : ce que l'IA vidéo change, ce qu'elle ne change pas, et ce qui reste difficile.
J’ai participé au concours Runway GEN:48 ce weekend!
C’est quoi Gen:48? En gros, les participants ont et un nombre quasi illimité de crédits Runway pour faire un film de 1 à 4 minutes, avec trois contraintes à choisir parmi trois listes : un lieu, un personnage, un objet.
Cette 4e édition du concours Runway Gen:48 arrive dans un contexte complètement différent des précédentes, car les outils ont fait un bond spectaculaire.
Est-ce qu’on est encore à 100% réaliste? Non.
Mais dans bien des cas, on flirte facilement avec 80% de réalisme.
Et pour un créateur qui sait comment raconter une histoire, c’est révolutionnaire.
Ce que l’IA change (et ne change pas)
L’IA te donne accès à une puissance créative folle, mais elle ne raconte pas l’histoire pour toi.
Si tu sais découper une scène, construire un rythme, imaginer un hors-champ, tu as une avance énorme.
Tes compétences de storytelling deviennent ton vrai levier.
Ce qui est encore difficile en 2024
Même si tout semble « possible », certaines actions restent compliqués à générer.
Exemple 1 : Faire entrer quelqu’un dans une voiture.
Tu peux préparer le début du mouvement, prévoir l’action… mais l’IA a encore beaucoup d’hallucinations quand il faut gérer toute la physique du corps qui s’installe, les angles, les proportions.
La machine n’est pas encore tout à fait là.
Exemple 2 : Garder la constance d’un objet précis.
Pour un plan important à la fin avec un tube de lipstick, c’était très difficile de garder la même forme, même couleur, même rendu d’un plan à l’autre.
Au lieu de forcer, j’ai multiplié les générations pour trouver le meilleur match et l’intégrer subtilement.
Exemple 3 : Les regards dans le rétroviseur.
Il a fallu inventer une vraie recette spécifique pour que Runway génère des regards crédibles dans le miroir et respecte la physique, Sans méthode précise, c’était chaos.
Trouver l’idée : le vrai marathon
Avant même d’ouvrir Runway, il fallait trouver l’histoire.
- Moins de 4 minutes, mais plus d’une minute.
- Intégrer les objets imposés sans que ça paraisse forcé.
- Rester fidèle au genre d’histoire que j’aime raconter.
Ça a pris plus de temps que je pensais.
Parce que quand tout est possible, choisir devient le vrai défi.
Ce qui marche le mieux
Avec les IA actuelles, les histoires en fragments fonctionnent mieux.
Des morceaux de vie. Des ellipses. Des scènes non-linéaires.
Ça permet de changer légèrement les décors, les angles, les personnages sans que ce soit choquant pour le spectateur.
Moins tu forces la continuité stricte, plus tu gagnes en fluidité.
Détours et raccourcis
Certaines scènes, comme recevoir une notification sur un téléphone, ont été simplifiées à l’extrême.
Plutôt que de générer des plans compliqués, j’ai utilisé ChatGPT pour fabriquer des images d’interfaces de manière ultra-rapide.
Un template, un changement de nom, une ambiance de nuit… et ça roulait.
À l’inverse, la scène la plus difficile?
La passagère qui embarque dans la voiture.
Impossible de la rendre naturelle facilement.
J’ai dû trouver un raccourci narratif pour contourner cette complexité sans perdre le sens de l’histoire. Des heures de perdus!
Bilan
Travailler avec l’IA aujourd’hui, c’est pas faire « moins » de création.
C’est déplacer la création.
Tu passes moins de temps à tenir une caméra,
et beaucoup plus de temps à réfléchir, choisir, s’adapter.
Parce qu’au final, la machine exécute.
Toi, tu décides.