Trois pubs 100 % IA pour Miracle-Gro et Nutrite
Deux campagnes produites sans caméra chez Bingo Charlie : pourquoi le tournage était impossible, les chiffres de production et le test qui compte.
Ce qu’on a produit chez Bingo Charlie ce printemps, pour Miracle-Gro et Nutrite.
Début d’été, deux campagnes numériques sont sorties, soit trois capsules de 15 secondes pour Miracle-Gro et pour Nutrite. Elles ont été produites au complet chez Bingo Charlie, mon studio IA avec Sébastien Rivest, sans caméra, sans plateau, sans acteur.
Je peux enfin en parler. Nos partenaires de l’agence Pixi, qui étaient derrière les mandats, nous ont donné la permission de vous montrer ça ici en exclusivité.
Pourquoi Miracle-Gro n’aurait jamais pu se tourner
Le scénario demandait une maison et aussi un jardin en pleine floraison, au printemps, sous le soleil. Au Québec, en avril, ça n’existe pas.
Un vrai tournage, ça voulait dire la Floride ou une autre destination chaude, louer une maison, booker des acteurs, costumes, faire déplacer une équipe, etc.
Pour avoir tourné des vraies pubs récemment, je peux vous dire à quoi ça ressemble : quelque part entre 80 000 et 100 000 $ pour les deux capsules. Ce budget-là n’était pas sur la table. Donc la pub n’aurait simplement pas existé.
Ce qu’on a fait à la place : idéation, storyboards, casting virtuel, puis la production avec les outils disponibles à ce moment-là. Kling, GPT-Image 2, Nano Banana. Rien d’exotique, les mêmes affaires que tout le monde a dans son navigateur.
Sébastien le répète souvent : l’IA, c’est comme avoir un jack plugué dans le cerveau. Il pense à quelque chose, il l’active. Le délai entre l’idée et l’image tombe à presque rien.
Le format court aide énormément. À 15 secondes, on a peu de raccords à gérer, donc peu d’endroits où la cohérence peut casser. C’est une contrainte, mais c’est une contrainte qui joue de notre bord.
La vraie surprise, ça a été les reaction shots. On a réussi à diriger les expressions des personnages exactement comme on les voulait. Pas « une expression acceptable », la bonne. C’est le genre de contrôle que je n’avais pas six mois avant.
Miracle-Gro — Échalotes, 15 s
Miracle-Gro — Bodybuilder, 15 s
Nutrite : on a tout misé sur l’idée
Nutrite est arrivé juste après, une fois que Miracle-Gro était livré et que le client avait vu le résultat. Là, il n’y avait pas d’excuse géographique. Un tournage était possible. Il aurait juste coûté 5 à 8 fois notre budget IA.
Alors on a tout mis sur l’idée. Quand la production ne mange plus 80% de l’enveloppe, il reste de l’argent et du temps pour penser. C’est le renversement le plus intéressant de toute l’affaire, et c’est celui dont on parle le moins.
Nutrite — Golf, 15 s
Les chiffres de production
Trois semaines pour le plus rapide. Six semaines pour l’autre, en tenant compte des allers-retours d’approbation.
L’équipe : moi, Seb, un monteur, et parfois quelqu’un en post-production audio. Quatre personnes maximum, et jamais toutes en même temps.
Le test qui compte
On a fait circuler les capsules avant diffusion. Des collègues, des gens du milieu, des gens qui n’y connaissent rien. Personne n’a levé la main pour dire que c’était de l’IA. Personne n’a dit AI slop.
C’est ça, la mesure de succès. Pas « c’est impressionnant pour de l’IA ». Juste : c’est une pub.
Ce que ça veut dire pour nous
L’IA ne remplace pas le métier, elle enlève l’obstacle budgétaire entre l’idée et l’écran. La différence entre nos capsules et les milliers de vidéos génériques qui inondent vos feeds, ce n’est pas le modèle utilisé. C’est qu’il y avait un storyboard, une direction de casting, un monteur, et deux séniors à la tête du projet.
Quand on confie le travail à des professionnels, on obtient des résultats professionnels. Ça a l’air d’une évidence, mais on est en plein dans le moment où plein de monde va découvrir le contraire à ses dépens.
Et pour les créateurs québécois, il y a une lecture directe : des mandats qui étaient hors de portée à cause de la géographie ou du budget redeviennent faisables. Le jardin en fleurs au mois d’avril, c’est un exemple parmi cent.
Si vous avez des projets qui dorment dans un tiroir parce que le tournage coûtait trop cher, sortez-les et regardez-les à nouveau. La réponse a peut-être changé.
David [email protected]