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10 constats après le Sommet IA et création de contenu

Ce que j'ai retenu du Sommet IA et création de contenu : le choc mental, le créateur devenu micro-agence, le glitch comme langage, et sept autres constats.

Le 14 mai dernier, j’ai co-organisé le Sommet IA et Création de contenu , une journée complète pour faire le point sur ce que l’intelligence artificielle change concrètement dans nos métiers créatifs.

Ce n’était pas un salon techno, ni une conférence académique.

Pour ce sommet, j’ai pris un réel plaisir à donner la parole aux créateurs plutôt qu’aux experts. Ça change la perspective. Et ça fait du bien. Ça donne de l’humanité à ce qu’on fait.

10 constats après le Sommet IA et création de contenu

Voici les 10 constats qui sont ressortis des panels, des échanges, et des discussions off-mic.

1. L’IA créative provoque un choc mental (et c’est normal)

Dès le panel d’ouverture, le directeur artistique Julien Vallée, du duo montréalais Vallée Duhamel , a mis la table avec une phrase qu’on n’est pas près d’oublier : « On a vécu un tsunami créatif. Il fallait soit le subir, soit apprendre à surfer. »

Il parlait ici de l’explosion des outils, de la rapidité d’évolution, et de l’espèce d’état de panique douce que ça provoque chez les créateurs. Ce n’est pas un choc technologique, c’est un choc mental.

Mon collègue Audric Gagnon, qui anime régulièrement des formations IA, l’a bien résumé : « Les formations IA, ça surcharge. Tu prends 1 000 décisions à la minute. »

Bref, il y a une charge cognitive à utiliser l’IA.

2. Le créateur solo est devenu une micro-agence

Aujourd’hui, avec un peu de méthode et les bons outils, une personne seule peut produire une campagne complète.

Phil Kyprianou, entrepreneur derrière GothRider Café , a montré comment il automatise déjà 80 % de sa production grâce à des workflows IA qu’il adapte lui-même. Branding, promo, visuels… tout passe par lui.

Même constat chez Elias Djemil , artiste visuel et sonore, qui crée entièrement seul Vlad & Vostok, un faux groupe de musique futuriste. Il compose la musique, génère les images, écrit les textes… avec 30 $ par mois et quelques outils IA.

3. Le glitch est devenu un langage visuel à part entière

Ce que plusieurs appellent encore “hallucination” ou “erreur”, d’autres y voient une matière première.

Julien Vallée disait : « Ce que les gens appellent des erreurs, on les prend comme des choses qu’on n’arrive pas encore à voir. »

Alycia Rainaud, directrice artistique et fondatrice de Maalavidaa , en a même fait sa signature : textures brisées, visages déformés, ratés assumés. Dans l’univers de l’IA, le glitch n’est plus un défaut, c’est une esthétique.

4. L’iPhone est redevenu un outil

L’IA donne une seconde vie à une approche plus artisanale, plus agile.

Plusieurs créateurs ont montré comment ils tournent en toute petite équipe, souvent à l’iPhone, puis passent leurs images dans Runway, Pika ou d’autres modèles.

C’est rapide, accessible, et ça remet l’accent sur l’idée plutôt que l’équipement. Le luxe, maintenant, c’est le droit de recommencer. Pas de tout faire en grand.

5. Suivre le rythme est devenu une compétence à part entière

Des nouveaux modèles chaque semaine. Des interfaces qui changent. Des prompts à réapprendre.

Plusieurs intervenants ont parlé de leur routine de veille : tester, documenter, comparer. Aujourd’hui, si tu veux rester pertinent, tu dois avoir ton propre système pour apprendre vite.

6. L’open source, c’est stratégique (pas juste idéologique)

Dans le panel sur les modèles privés, Albert Zablit , photographe et créateur IA basé à Montréal, a été très clair : « Je veux posséder mes modèles, pas louer des pixels. »

Et pourtant, Albert n’est pas un codeur. Il a appris à utiliser ComfyUI, il héberge localement ses outils, il entraîne ses propres modèles.

Pourquoi? Pour ne pas dépendre d’un abonnement, pour garder la main sur ses rendus, pour assurer la confidentialité. L’open source est beaucoup plus accessible qu’on pense. Et c’est un levier d’autonomie.

7. L’IA devient un coéquipier qu’on n’a pas à motiver

On est passés du logiciel au coéquipier. Et ce n’est pas juste une image.

Marika D’Auteuil , artiste maquilleuse et réalisatrice, voit ChatGPT comme un miroir de sa pensée.

Elias Djemil parle d’un assistant créatif « qui ne se fatigue jamais de mes idées ».

Et Guillermo Castellanos , réalisateur IA, évoquait l’IA comme une extension de son intuition, capable d’explorer des pistes visuelles qu’il n’aurait jamais pu produire seul.

On ne clique plus. On collabore.

8. Ce n’est pas (si) cher… mais c’est long

Oui, créer avec l’IA coûte moins cher. Mais ça prend du temps.

Albert Zablit a expliqué que pour former un modèle efficace, même avec les bons outils, il faut souvent des dizaines d’itérations, plusieurs “reruns”, beaucoup de tests.

Et maintenant qu’on travaille souvent seul, sans assistant, sans DA, sans équipe de post-prod, on fait tout, tout le temps.

La magie existe. Mais elle se mérite.

9. L’IA ne remplace pas l’intuition (et encore moins l’équilibre)

Créer avec ces outils, c’est excitant. Mais aussi éreintant.

Plusieurs panélistes ont parlé de fatigue, de charge mentale, de besoin de ralentir. Elias Djemil, par exemple, alterne ses projets IA avec de vrais tournages pour garder l’équilibre.

On l’a senti chez tout le monde : il faut réapprendre à doser. À sortir dehors. À créer autrement, aussi.

10. L’IA n’est pas une destination. C’est un terrain de jeu.

Si on devait résumer le sommet en une phrase, ce serait peut-être celle-là.

Personne n’a la vérité. Personne n’a tout compris. Mais tout le monde joue, teste, doute, explore.

Et c’est peut-être ça, le plus beau dans cette nouvelle ère : elle redonne la permission d’essayer.

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