Le texte à 80 millions de vues qui dit tout haut ce qu'on vit tout bas
Le thread « Something Big Is Happening » de Matt Shumer, pourquoi il me parle autant, et mon vrai point de bascule : les agents.
La semaine dernière, un texte a explosé sur X/Twitter.
Matt Shumer , fondateur d’une startup IA et investisseur dans le domaine depuis six ans, a publié un long thread intitulé Something Big Is Happening . Au moment où j’écris, ça flirte avec les 80 millions de vues. C’est devenu le texte que tout le monde dans l’industrie s’envoie en disant “lis ça”.
Shumer n’annonce rien qu’on ne sait pas déjà dans l’industrie. Mais il met des mots clairs et accessibles sur quelque chose que je vis concrètement depuis le début de février, et ça, c’est rare.
Ce que Shumer dit, en gros
Il compare le moment actuel à février 2020, quand certaines personnes parlaient d’un virus en Asie et que tout le monde trouvait ça exagéré. Trois semaines plus tard, le monde avait changé. Shumer pense qu’on est dans une phase similaire avec l’IA, sauf que cette fois-ci c’est plus gros et plus permanent.
Les modèles IA sortis le 5 février dernier (GPT-5.3 Codex d’OpenAI et Opus 4.6 d’Anthropic) représentent un saut majeur. Perso, j’utilise Opus 4.6 et je confirme qu’il s’agit d’une classe à part.
Shumer décrit sa semaine : il explique en langage naturel ce qu’il veut construire, quitte son ordi pendant quatre heures, et revient trouver le travail terminé. Pas un brouillon, genre le produit fini. Il dit aussi que ces modèles prennent maintenant des décisions qui ressemblent à du jugement, une sorte de goût, de discernement. Le genre de truc qu’on disait que l’IA n’aurait jamais.
L’autre point crucial : les gros labos d’IA (Google Deepmind, Anthropic, OpenAI) ont d’abord rendu l’IA excellente en programmation parce que ça leur permettait d’accélérer leur propre développement.
Maintenant que c’est fait, ils s’attaquent à tout le reste. Shumer cite Dario Amodei (CEO d’Anthropic) qui prédit que 50% des emplois cols blancs de niveau d’entrée seront éliminés d’ici un à cinq ans. Et plusieurs dans l’industrie trouvent cette prédiction conservatrice.
Le cœur du message tient en une phrase : ce que les travailleurs tech ont vécu dans la dernière année, tout le monde s’apprête à le vivre. Et finalement, vous et moi, et Shumer, on ne contrôle pas grand chose. On est juste dans la vague.
Pourquoi ça me parle autant
Ce texte m’a accroché parce que c’est vrai. Je le sais parce que je suis direct dedans la vague.
Depuis début février, quelque chose a cliqué dans ma façon de travailler. Concrètement, physiquement, mes journées ne ressemblent plus à ce qu’elles étaient en décembre.
Une journée de 10 heures pour moi en ce moment, je pense que ça équivaut à une semaine de travail pour quelqu’un qui n’utilise pas l’IA. Je suis conscient que ça sonne prétentieux. Je m’en fous. C’est mon expérience réelle.
Mon vrai point de bascule : les agents
Ça fait deux ans qu’on parle du “travailleur augmenté” dans les conférences. Le concept existait, mais dans la pratique, c’était encore du gossage et bidouillage. Tu prends un logiciel, tu le connectes à un autre, tu bricoles des liens.
C’était possible mais laborieux.
Ce qui a changé, c’est les agents IA accessibles en langage naturel. Des outils comme Claude Cowork ou Claude Code qui te permettent de simplement dire ce que tu veux. Tu décris ton intention en français, et l’agent s’exécute.
C’est exactement ce que Shumer décrit pour la programmation. Sauf que moi, je le vis pour la production, la recherche, le montage de dossiers, la rédaction, le design.
Mais l’outil, c’est juste la moitié. L’autre moitié, c’est que ma façon de penser a changé. Je pense maintenant en étapes segmentées. Je me dis toujours : “il faut que je garde une trace, que le contexte soit clair, que chaque morceau soit bien défini.”
Et surtout, tout est devenu un laboratoire. Chaque tâche, je me demande : “est-ce qu’il y a une IA pour ça?” Pas dans un esprit radical. Je suis dans un jeu, dans un carré de sable. C’est de l’expérimentation constante.
La différence avec il y a six mois? Ça marche pour de vrai.
Je pourrais demain matin réfléchir à une app, et dans une semaine la voir prête à être commercialisée. Classer des papiers, faire un deck, monter un dossier de recherche, faire du design. Toutes les tâches qui ne sont pas dans ma zone de génie, qui ne sont pas dans mon flow créatif, je peux maintenant les déléguer ou me faire accompagner comme de rien.
Ce que ça veut dire pour nous
Shumer écrit pour un public américain large. Son message, c’est “préparez-vous”. Moi, je vous parle comme quelqu’un qui partage les mêmes outils que vous.
On est à un moment où les barrières entre “avoir une idée” et “la réaliser” tombent à une vitesse vertigineuse. Les valeurs de production qui demandaient une équipe de dix personnes il y a deux ans sont aujourd’hui accessibles à un créateur solo avec les bons outils et le bon état d’esprit.
Shumer a raison quand il dit que les gens qui ont essayé ChatGPT en 2023 et qui sont restés sur cette impression vivent dans le passé. En temps IA, deux ans c’est une éternité. Et il a raison aussi quand il dit que la fenêtre d’avance est temporaire. Une fois que tout le monde va comprendre, l’avance disparaît.
Est-ce que 50% des emplois cols blancs vont disparaître d’ici cinq ans?
Honnêtement, je sais pas. L’économie est complexe et les prédictions chiffrées sont presque toujours fausses. On est très nul pour prédire le futur. Ce que je sais, c’est que la nature du travail est en train de changer. Pas “va changer”. Est en train. Je le vis. Shumer le vit.
Le conseil le plus concret que je peux donner : essayez. Pas juste poser une question à ChatGPT gratuit comme si c’était Google. Prenez un abonnement payant, utilisez le meilleur modèle disponible, et donnez-lui un vrai mandat. Voyez ce qui se passe.
L’article complet de Shumer, version LinkedIn: https://www.linkedin.com/pulse/something-big-happening-matt-…