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Sora 2 : une app, un réseau social ou un générateur IA ?

Ce que vaut Sora 2 face à Veo 3, Runway et Kling — et pourquoi la vraie question est celle de l'AI slop et du Dead Internet.

OpenAI vient de lancer Sora 2, son générateur vidéo IA.

Souvenez‑vous de la V1: annoncée des mois d’avance, résultats plutôt bof, vite dépassée par Runway, Veo 3 et des rivaux chinois.

Cette fois, OpenAI a compris la leçon et n’a rien annoncé. Les utilisateurs de X ont eu la puce à l’oreille plus tôt cette semaine quand OpenAI a mis en ligne quelques clips promo avec des images réalistes, quand même stylisées.

Mais tout le monde a été pris par surprise par la forme que prend l’outils. Est‑ce un générateur vidéo? Est‑ce un réseau social de mèmes? Un peu des deux.

Ils ont jeté l’interface V1 (type storyboard) pour une V2 hybride entre TikTok et générateur vidéo.

À quoi ça ressemble?

En gros, c’est un outil à mèmes. Vous pouvez en visionner via l’accueil : https://sora.chatgpt.com/explore

Sora 2 : une app, un réseau social ou un générateur IA ?

À l’ouverture, on est dans un feed vertical à la Reels/Stories. On peut swiper vers le haut. Il n’y a que du contenu généré par l’IA sur ce « réseau social » du futur.

Le but est évidemment de créer du contenu à partir d’un prompt. Ex.: « Un joueur des Red Sox qui explique les règles de baseball en rap. » Plus ton idée est folle et intéressante, plus la vidéo sera amusante. Le résultat est un clip monté, avec bande‑son, voix et narration.

Bref, du sur‑mesure pour créer des mèmes, avec remix natif et partage instantané. Tu peux même partir de tes propres photos. Surfent‑ils sur la tendance lancée par Veo 3?

Une fonctionnalité intéressante : on peut faire des Cameos (enregistrement court pour capturer la ressemblance), donc choisir une personnalité consentante (ou soi‑même) et s’intégrer dans les clips. Évidemment, jusqu’à maintenant, on retrouve évidemment des milliers de clips de Sam Altman dans diverses situations.

Sora 2 : une app, un réseau social ou un générateur IA ?

J’ai surtout vu des clips qui mettent en scène des gens qui parlent de l’outil lui‑même (très meta comme approche), en masse de Pikachu, Sam Altman qui vole des cartes graphiques Nvidia, et des clickbaits qui t’induisent en erreur pour te faire liker la vidéo (« double tap to see the emotion of the video », donc en fait ça “like” la vidéo).

Le filtre de contenu est assez strict, mais bizarre quand même : j’ai réussi à créer des personnages Fortnite qui se tirent dessus, mais pas de « Flash mob comme en 2005 ». Étant fan de baseball, j’ai réussi à créer quelques clips drôles de joueurs des Red Sox dans des situations de jeu rocambolesques.

Sora 2 : une app, un réseau social ou un générateur IA ?

Ce que les gens en disent

Certains parlent d’un coup de génie. Mais tout le monde, moi inclus, a été pris par surprise par l’angle d’attaque d’OpenAI.

Voici ce que mes gourous de l’IA en disent :

Les points positifs selon le créateur Pieter Levels :

  • vidéo de haute qualité avec une bonne « physique »
  • audio de haute qualité dans chaque vidéo
  • plusieurs personnages dans une même scène
  • voix des personnages fidèles
  • une plateforme sociale attachée à l’outil

L’investisseuse techno Justine Moore :

« C’est un énorme bond en qualité par rapport au premier modèle. Je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur outils, mais je ne pense pas que ça importe. Ce n’est pas en compétition avec d’autres modèles vidéo, c’est beaucoup plus une app sociale.

Au‑delà des Cameos, je pense que la fonctionnalité la plus forte, c’est le remix. Tu peux prendre un clip généré par quelqu’un d’autre et proposer des changements via le prompt, ce qui ressemble à jammer avec des amis.

Et ça élimine l’essentiel du travail autour du prompting, ce qui est plutôt génial. Beaucoup de gens n’utilisent pas les modèles vidéo aujourd’hui parce qu’ils ne savent pas quoi créer. Ici, tu scrolles jusqu’à être inspiré. »

Le créateur Riley Brown :

« Ça risque d’être la fonctionnalité/app IA la plus virale. La clé sera “Cameo”, qui permettra aux gens de faire des vidéos de leurs amis et de se les envoyer.

À mon avis, Google se dépêche de mettre ça dans son app Gemini, parce que Gemini est présentement l’app numéro un dans le monde surtout grâce à Nano Banana.

Chez Meta, je parierais qu’ils ajouteront des fonctionnalités similaires, vu qu’une partie de leur équipe a été débauchée d’OpenAI, et ils pourraient gagner au final. Ces vidéos cadrent parfaitement avec Instagram et Threads (qui est rendu aussi gros que X). »

L’entrepreneur Greg Isenberg y est allé de quelques prédictions. En voici quelques‑unes :

  • On pourrait voir surgir des services « Rent my face ».
  • Le coût de créer du contenu va se rapprocher de zéro.
  • On verra naître des studios entièrement tournés vers l’IA verticale.
  • Dans 5 à 10 ans, on ne demandera plus « c’est quoi ton show en ce moment? », mais « c’est quoi ton générateur préféré? »
  • OpenAI va se faire poursuivre pour 1 milliard, assurément.

Est‑ce que ça remplace Veo 3, Runway ou Kling?

Non.

Sora 2 est pour l’instant accessible sur invitation via l’app sociale de Sora. Je m’attends à voir arriver rapidement une API pour l’usage pro, mais pour l’instant, OpenAI n’a rien annoncé en ce sens. Je n’ai pas l’impression qu’OpenAI rattrape ses compétiteurs avec cette version, surtout qu’on attend Veo 4 pour décembre.

Les dangers de l’AI Slop et du Dead Internet

Le lancement de Sora m’amène à vous parler de l’AI Slop et de la théorie du Dead Internet.

L’AI Slop, vous l’aurez compris, c’est le contenu de mauvaise qualité créé par l’IA, généré en quantité incroyable, pour prendre toute la place, noyer ou créer du bruit. On en voit déjà partout. Sora 2 n’y échappera pas. Dans les prochaines semaines, on va voir des millions de clips inutiles provenant de Sora 2 inonder nos feeds. Les algorithmes n’ont qu’à bien se tenir, l’attaque sera frontale.

Ensuite, le Dead Internet, c’est cette théorie selon laquelle on entre dans une ère où le contenu en ligne serait entièrement faux et généré par l’IA, et où la majorité des « consommateurs » de ces contenus seraient des bots. Donc, en gros, des robots qui se parlent entre eux, avec ici et là, parfois, des humains.

Personnellement, je n’adhère pas à cette théorie. Les choses ne se déroulent jamais comme on les prédit. Mais cette théorie nous sert d’avertissement : le contenu est une expérience humaine. Qu’il soit fait à la main, avec After Effects, ou avec Sora 2, l’humain doit être et rester au début, au milieu et à la fin.

Sora 2 : une app, un réseau social ou un générateur IA ?

Vous souhaitez tester Sora 2?

C’est disponible sur invitation seulement. Il me reste 3 codes d’accès à Sora 2. Je vais les faire tirer parmi ceux qui répondent à ce courriel avec leur emoji préféré.

Un projet de contenu en tête ?

Vous méritez des communications qui fonctionnent à tout coup !